Train et vélo

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Quelques infos utiles pour des balades toujours plus loin ! Il existe en Belgique deux manières principales de voyager par le train avec son vélo. La première est d’avoir un vélo assimilable à un bagage à main. C’est gratuit, mais valable seulement pour les vélos pliants, en ce compris les mountain bikes (avec des roues de 26’’) qui ne se plient qu’en deux. Plié, c’est plié… La seconde, c’est le « vélo accompagné ». Cela consiste à faire voyager le vélo dans le fourgon du train dans lequel on voyage soi-même. Prenez garde ! Le personnel de notre société de transports nationale manipule parfois les engins à la hussarde. Quand c’est possible, embarquez et débarquez vous-même l’engin. (Màj 2018 : le personnel de la SNCB semble avoir reçu de nouvelles directives : désormais, ils ne sont plus censés toucher votre vélo…)

Un conseil : montez d’initiative sur une plate-forme et calez-vous dans un coin, en prenant garde aux ouvertures de portes, vous aurez ainsi votre vélo à portée de main (sinon, il est enfermé dans un compartiment bagages, et vous serez tributaire de l’accompagnateur de train, qui oublie parfois où vous devez descendre…). Sauf bien sûr si vous préférez vous asseoir confortablement et ne pas devoir surveiller votre vélo. Notez que le chef de train à l’autorité pour vous obliger à mettre votre vélo dans le compartiment ad hoc, mais dans la majorité des cas, il ne le fera pas. La SNCB prévient que l’embarquement des vélos se fait sous réserve de places disponibles mais lorsque le fourgon est plein, le contrôleur peut autoriser l’embarquement des vélos sur les plates-formes (il s’agit d’éviter quand même les trains à coup sûr bondés, comme celui de la mer un matin de WE où il fait beau). Plus d’infos sur le site de la SNCB.

Les nouveaux trains à plancher abaissé (automotrices de type « Desiro ») ont tous un espace dévolu aux vélos, où vous pouvez rester à côté de votre fidèle compagnon, et même lui mettre une ceinture de sécurité… Sur certaines lignes seulement. Certains trains, même plus anciens, ont été adaptés pour accueillir les vélos, on y a retiré dans une voiture quelques places assises. C’est le cas sur de petites lignes, comme celle de Liège à Luxembourg. En principe, ces espaces sont signalés par un logo sur la vitre, visible de l’extérieur.

Pour le « vélo accompagné », il faut avoir un billet pour soi et un pour le vélo. Il existe deux types de billets pour le vélo, le trajet simple (5 €) et le libre parcours d’un jour (8 €), attention valables seulement le jour de l’achat. Plus question donc d’acheter ces billets à l’avance, comme c’était le cas jusqu’il y a peu, ils étaient valables un an et devaient être datés à l’encre indélébile avant d’embarquer. Des formules équivalentes mais plus chères existent pour les tandems. Comme il n’y a presque plus de gares ouvertes avec des guichets, il faut se familiariser avec les automates de ventes de billets. Et espérer que dans les petites gares et aux PANG (points d’arrêt non gardés), où il n’y en a souvent qu’un, l’automate ne soit pas en panne. Sans quoi la SNCB vous demandera d’avancer le surcoût du billet acheté à bord… Sans garantie de le récupérer.

Lors de grandes randonnées, un problème technique ou un souci météorologique peut contrarier vos plans et vous obliger à revenir par une autre gare que celle par laquelle vous êtes venu. Un conseil : achetez des allers simples, c’est plus prudent. Et le week end ? Pour ne pas perdre l’avantage du tarif « week end », vous devrez négocier un éventuel échange de votre billet retour avec le guichetier (pour autant qu’il y en ait encore un), ce n’est pas gagné d’avance. Si vous êtes l’heureux bénéficiaire du tarif BIM (intervention majorée), vous pouvez acheter vos allers simples au tarif week end, ce qui vous permet de rentrer par la même gare ou par une autre, le prix sera le même. En 2017, la SNCB décidait de supprimer le billet « via », qui permettait de rentrer par une autre gare que celle de l’aller, ce qui était bien pratique pour les cyclistes, et moins cher que deux allers simples – le prix week end calculé était alors une moyenne entre les deux voyages. Motif invoqué : ils n’en vendaient presque pas. Il est vrai que la compagnie n’en a jamais fait la promotion non plus, il fallait parfois insister pour en obtenir un, les guichetiers affirmant que « cela n’existe pas »… Le système « Rail Pass » permet toutefois de plafonner le ticket voyageur à 7,7 € (août 2018). Il n’est pas nominatif, vous pouvez l’utiliser dans l’année dix fois pour vous, ou pour un aller-retour pour cinq personnes (par exemple).

Notez que nos voisins français ne sont pas forcément mieux lotis, comme l’explique cet article du quotidien Libération, sauf pour les courtes distances, où là, par contre, c’est gratuit. Pour les longues distances, il vous sera généralement demandé de démonter votre vélo… Quant aux voyages internationaux, c’est carrément une galère! Aux Pays-Bas, pourtant paradis du vélo, il faut aussi compter avec les restrictions horaires (on ne peut pas circuler avec son vélo à bord en heures de pointe en semaine, un peu comme dans le métro à Bruxelles), et la carte de transport (Dagkaart Fiets) vous coûtera 6 €. La politique vélo des compagnies ferroviaires allemandes ou suisses semble tout aussi rédhibitoire que ce qui se pratique chez nous. Mais au Luxembourg, votre vélo voyage gratuitement. Et le prix des billets pour les voyages à l’intérieur du Grand-Duché est le plus bas d’Europe, 2 € pour deux heures, 4 € la journée…

Combinaison tonique
Tout ceci montre une évidente mauvaise volonté de la part de la SNCB, dont la politique reste tristement indifférente, voire hostile, aux vélos. Les seuls efforts concernent l’image que la société entend donner (ou redresser), « greenwashing » oblige. Dans les années nonante, elle édita une brochure au slogan impayable : « Train & Vélo, la combinaison tonique ». Tonique en effet, la mauvaise humeur que vous ne manquerez pas d’affronter dans le chef du personnel de train lorsque vous présenterez la bouille de votre vélo, qui ne signifie rien d’autre que perte de temps. N’hésitez pas à rappeler au chef de train ce délicieux slogan.

Jusqu’il y a quelques années, la SNCB proposait des formules train+vélo, certaines gares de la SNCB louant des vélos à des tarifs raisonnables. Le nombre de gares avait tendance à se réduire comme peau de chagrin, on n’en comptait plus que 8 dans les années 2000 (contre 32 en 1981, avec une centaine de gare de restitution : cf. par exemple « Vélo-guide de Belgique » (1979) de Jacques Maget, chez Duculot), une seule en Wallonie, aucune dans la région bruxelloise. La compagnie a désormais décidé de sous-traiter la location de vélos. Depuis mai 2011, des vélos sont à disposition dans plusieurs grandes gares. L’usager peut ainsi disposer d’une bicyclette pour couvrir son trajet terminal. La location se fait sur la base d’un abonnement et le vélo doit être remis au point de location d’origine. Le paiement se base sur une facturation mensuelle, plutôt bon marché. Plus d’infos sur ce système de vélos partagés sur www.blue-bike.be.

Cette initiative proposée aux voyageurs pour leurs déplacements avant et après train a été lancée par la SNCB Holding et FIETSenWERK (Vélo et Travail), l’organisme de coordination des entreprises d’économie sociale qui exploitent les points vélo. Et donc, davantage calibrée pour les déplacements « utiles », vers son lieu de travail, plutôt que pour le tourisme. Elle s’ajoute aux initiatives « point vélo » et « voitures partagées » (Cambio), et introduit le vélo comme un maillon à part entière d’une mobilité en réseau. À l’été 2016, la SNCB, toujours soucieuse de « combinaison tonique », décidait de réduire sa participation aux frais liés aux points-vélos. Les gares de Flandre seront davantage touchées que les gares wallonnes.

Key Card
C’est un rail pass pour les petits trajets. On peut en effectuer 10 simples pour 23,00 € (au 1er janvier 2018) en 2e classe dans une aire de validité précise calculée à partir de sa gare de départ. Attention, la carte n’est plus valable que six mois, contre un an lorsque la formule a été lancée. Notez que le transport de votre vélo (non pliable) vous coûtera à coup sûr plus cher que votre voyage. Par exemple, si vous voyagez de Bruxelles à Rixensart, le billet de votre vélo « accompagné » vous coutera deux fois plus cher que votre billet voyageur.

À partir de la zone de Bruxelles, la Key Card vous permet d’atteindre les destinations suivantes : ASSE, BEERSEL, BRAINE-L’ALLEUD, BRUXELLES-NAT-AEROPORT, BUDA, BUIZINGEN, DE HOEK, DENDERLEEUW, DIEGEM, DILBEEK, EPPEGEM, ERPS-KWERPS, ESSENE LOMBEEK, GENVAL, GROENENDAAL, GROOT-BIJGAARDEN, HAL, HOEILAART, HOFSTADE, HOLLEKEN, HUIZINGEN, KORTENBERG, LA HULPE, LEMBEEK, LIEDEKERKE, LINKEBEEK, LOT, MERCHTEM, MOLLEM, NOSSEGEM, RHODE-SAINT-GENESE, RIXENSART, RUISBROEK, SINT-MARTENS-BODEGEM, TERNAT, TUBIZE, VILVORDE, VIVIER D’OIE, WATERLOO, WEERDE, ZAVENTEM, ZELLIK. Attention, c’est un billet voyageur, il n’est pas valable pour votre vélo.

Soit :
– L 25 –> Weerde (Eppegem – Vilvorde – Buda)
– L 26 –> Weerde ou Beersel et Hal (ne roule pas le WE)
– L 36 –> Erps-Kwerps
– L 50 –> Denderleeuw
– L 60 –> Merchtem
– L 96 –> Tubize (Lembeek – Hal – Buizingen – Lot – Ruysbroeck)
– L 124 –> Braine l’Alleud
– L 161 –> Profondsart

Ticket STIB
Valable dans la « zone de Bruxelles », qui contient les 34 gares suivantes :
Arcades, Berchem-Ste-Agathe, Bockstael, Boitsfort, Boondael, Bordet, Bruxelles-Central, Bruxelles-Chapelle, Bruxelles-Congrès, Bruxelles-Luxembourg, Bruxelles-Midi, Bruxelles-Nord, Bruxelles-Ouest, Bruxelles-Schuman, Delta, Etterbeek, Evere, Forest-Est, Forest-Midi, Germoir, Haren, Haren-Sud, Jette, Meiser, Mérode, Moensberg, Schaerbeek, Simonis, St-Job, Tour-et-Taxis, Uccle-Calevoet, Uccle-Stalle, Vivier d’Oie, Watermael.